Pour de nombreux salariés, le départ à la retraite est le début d’un nouveau chapitre qui inclut parfois la poursuite de l’activité professionnelle. Que ce soit pour compléter une pension, pour le plaisir de rester actif ou pour transmettre un savoir-faire, le cumul emploi-retraite est une option de plus en plus envisagée. Mais ce dispositif peut, dans certains cas, limiter le nombre d’heures de travail pour ne pas voir sa pension de retraite réduite ou suspendue. Nous en parlons dans cet article.
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Quel nombre d’heures de travail respecter pour le cumul intégral ?
Pour un retraité qui souhaite continuer à travailler, le cumul emploi-retraite dit « intégral » offre une grande liberté. Grâce à ce dispositif, vous pouvez reprendre une activité professionnelle sans que vos pensions soient réduites, quel que soit le revenu perçu. Pour en bénéficier, deux principales conditions doivent être réunies :
- atteindre l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance) ;
- avoir liquidé l’ensemble de vos pensions (de base et complémentaires) et obtenu le taux plein.
Le taux plein peut être atteint soit par le nombre suffisant de trimestres, soit par l’âge du taux plein automatique qui est de 67 ans. Si ces critères sont remplis, vos revenus d’activité n’imposent aucune limitation sur le montant à gagner. Vous pouvez donc continuer à travailler sans limitation d’heures et sans suspension de vos pensions.

Quelle est la limite pour le cumul plafonné ?
Si vous ne remplissez pas les conditions du cumul intégral, la règle passe en mode « plafonné ». Ici, vous pouvez exercer une activité après la retraite, mais les revenus tirés de cette activité et les pensions ne doivent pas dépasser un seuil déterminé. Le plafond retenu est le plus élevé de ces deux montants :
- 160 % du SMIC (environ 2 853,00 euros bruts par mois en 2025) ;
- le montant de votre dernier salaire d’activité avant la retraite.
Le dépassement du plafond du cumul partiel entraîne la suspension de la pension de base pour les mois concernés et une réévaluation de vos droits peut suivre. Cette approche permet d’éviter des cumuls trop importants qui pourraient inciter à retarder le passage à la retraite.
Quel est le cas particulier de la reprise d’emploi auprès du même employeur ?
Après la retraite, retourner travailler chez son ancien employeur est possible, mais la loi prévoit un délai de carence. Si vous reprenez un contrat auprès du même employeur, vous devez attendre 6 mois entre votre départ à la retraite et le début du nouveau contrat. En cas de non-respect de ce délai, la pension est suspendue pendant la période correspondante. Passé ce délai, les règles du cumul intégral ou plafonné s’appliquent comme pour tout autre scénario.
Qu’en est-il pour les activités non salariées ?

Pour les retraités qui souhaitent lancer leur propre activité, en tant que micro-entrepreneur par exemple, les règles diffèrent légèrement. Si vous bénéficiez du cumul intégral, vous pouvez exercer sans limites de nombre d’heures et donc de revenus. En revanche, si vous êtes en cumul plafonné, vos nouveaux revenus d’indépendant ne doivent pas dépasser un certain seuil par an.
Pour une activité artisanale ou commerciale, ce plafond est fixé à la moitié du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 23 550 euros en 2025. Pour une activité libérale, il est fixé à la totalité du PASS, soit 47 100 euros en 2024. Tout dépassement entraînera, là aussi, une suspension de la pension de retraite.

Amélie est une consultante en marketing stratégique et passionnée de storytelling.

